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Le Patrimoine |  Le château |  Construit sous Louis-Philippe
La construction remonterait à la décennie 1830, sous le règne de Louis-Philippe, si l'on en croit la présence de journaux de cette époque retrouvés sous les tissus muraux lors des travaux intérieurs effectués par les précédents propriétaires, Yves Vincent et son épouse.
Caché derrière des murs en briques-silex et sa haie de lauriers, il reste pour beaucoup d'Ambrumesnilais très mystérieux.
Cette carte postale de 1905 représente le château avec un toit plat à créneaux rappelant quelque peu le style de la maison mauresque de DIEPPE |
 Intérieur | Tout dans le décor évoque le raffinement : salle à manger, salon de musique, salon d'été, boudoir dont le parquet en marqueterie serait une récupération du château des tuileries incendié par la Commune : un surplus de ce parquet ayant été donné à la commune d'Ambrumesnil par le comte de Clercy pour embellir l'estrade de l'autel de la Vierge dans l'église Saint-Martin. L'intérieur continue de bénéficier d'une restauration raffinée. |
  Le parcDans le parc, des fondations du XVIe siècle et un puits d'une profondeur inaccoutumée de 120 m pour 2 m de diamètre intérieur, découvert et recensé par l'armée lors de l'été brûlant de 1976 permettent de penser qu'une construction plus ancienne était édifiée jadis à cet endroit. Des pièces d'eau agrémentent ce grand domaine, où des cygnes blancs et noirs, ajoutent au charme de cette belle propriété. Amateur d'oiseaux d'ornement, le châtelain hollandais a choisi le cygne blanc polonais et un cygne noir originaire de l'hémisphère sud. Quant aux moutons, ils sont de race galloise. Décidément, le château est un véritable carrefour international.
Maurice Leblanc (1864-1941), romancier français, a parlé plusieurs fois du château d'Ambrumesnil, l'appelant «Château d'Ambrumésy» dans divers de ses ouvrages notamment dans «l'aiguille Creuse». |
 Le château aujourd'hui | Aujourd'hui, une toiture de tuiles rouges protège le château de notre climat plutôt pluvieux. Un parc de deux hectares est agrémenté d'arbres séculaires (tilleuls, ormes...).
Grâce aux énormes travaux entrepris en 1976 par la famille Vincent, le château a retrouvé sa splendeur d'antan. Les propriétaires actuels continuent dans le même sens. Un grand bassin avec jet d'eau ayant été creusé dans le fond du jardin apporte une touche supplémentaire au charme de cette belle propriété |
 Les propriétaires- Les propriétaires successifs :
- Oursel Desmarettes
- Lemoyne d'Aubermesnil
- De Clercy Henri Charles
- De Clercy Vivien Joseph Jules
- De la Servière Robert Marie Gustave
- Blommers Johannes
- Vincent Yves
- Cornélis Dokter
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|  Sur les traces d'Arsène Lupin |
|  Les sources du Roman | Ça vous dirait de suivre les traces du célèbre héros incarné par Georges Descrières et Jules Berry, véritable ambassadeur de la Normandie ? Saviez-vous que des mangas japonais font référence à Arsène Lupin ? Que vous ayez ou non fredonné la chanson culte de la série télévisée interprétée par Jacques Dutronc, notre journal vous propose cet été de marcher dans les pas du plus grand des voleurs. Au moment même où le Clos Lupin, à Etretat, devenu un musée interactif, fête ses dix ans et le Roman l'Aiguille Creuse, du nom du mystérieux éperon rocheux, son centenaire. Les aventures d'Arsène Lupin ne valent pas que par le charme du personnage au monocle. Véritable amoureux de sa région, le dandy Maurice Leblanc (1864-1941), né à Rouen, a collectionné les belles demeures cauchoises, sillonné la région à vélo, et situé bon nombre de ses ouvrages (L'Aiguille Creuse, La Comtesse de Cagliostrio…) sur ses terres.
Sites insolites
Géographe rouennais passionné par le Gentleman cambrioleur, Michel Bussi est parti sur les traces de Lupin et de Leblanc, dans un Roman « touristique » sorti en 2006 chez PTC, « Code Lupin ». L'auteur se sert de sa connaissance des récits et des lieux romanesques pour mettre en valeur des itinéraires insolites et sites méconnus. Notre journal vous guide tout l'été sur les chemins secrets tracés par la fantaisie de l'auteur, qui revisite les itinéraires rocambolesques du dandy bandit. Les sentiers battus par le vent des majestueuses falaises d'Etretat n'en sont qu'un des joyaux.
Tout est vrai…
Dans son prologue, Michel Bussi précise que « tous les sites, monuments, châteaux, ruines, calvaires, chapelles, souterrains, décrits dans ce livre existent. On peut encore les visiter aujourd'hui. » D'autre part, « tous les épisodes relatifs aux aventures d'Arsène Lupin sont véritablement issus de l'œuvre de Maurice Leblanc. Chacun pourra s'y référer en les lisant ou les relisant… » Il débusque de petites merveilles qui valent réellement le détour mais chut… Il n'est pas encore tout à fait temps ici de vous les dévoiler. 35 épisodes après celui d'aujourd'hui vous attendent pour en parler. Michel Bussi a ses préférés : La chambre des demoiselles à Etretat, les ruines du manoir d'Agnès Sorel à Jumièges, le château et le hameau de Tancarville.
Or et émeraude
Tout commence aujourd'hui dans la petite cité balnéaire de Saint-Valery-En-Caux dont les magnifiques eaux scintillent d'une rare couleur émeraude. Un bon présage pour l'homme qui ce 11 juillet, écrasé par un soleil de plomb, ramène à l'office de tourisme sous les yeux ébahis de la jolie stagiaire Paloma une pièce d'or découverte sur l'estran, entre les galets. Il n'en faut pas plus à la jeune étudiante fine mouche pour qu'elle alerte son éminent professeur sur cette insolite découverte qui pourrait mener à un trésor. Trésor caché, jeu de piste, code à déchiffrer, Michel Bussi surfe sur la vague du Roman ésotérique à la Dan Brown. Normal, me direz-vous, puisque Maurice Leblanc en est l'inventeur. Ce qu'explique d'ailleurs dans notre chapitre trois le professeur Roland Bergton à Paloma : « Leblanc a créé un genre policier particulier. Aux histoires classiques de vols, meurtres, détectives, il a jouté ce que l'on pourrait appeler un « contexte ». Mais chez Leblanc, le contexte ne sert pas seulement de décor, comme Londres chez Conan Doyle… Chez Leblanc, c'est le contexte historique et géographique qui permet de résoudre l'énigme. […] Il a inventé la chasse au trésor policière. » Entre 1905 et 1939, Leblanc a sorti soixante aventures de Lupin dont beaucoup ont pour cadre cet espace entre mer et fleuve où l'auteur passa la plus grande partie de sa vie, et vous invite à venir (re)découvrir ses beautés cachées.
Véronique Baud
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  CODE LUPINUn Da Vinci Code Normand “Un roman qui invite à se replonger dans les aventures d'Arsène Lupin et vous entraine avec lui sur les chemins de Normandie, familiers et mystérieux.”
Michel Bussi
A la sortie de Biville, Bergton s'arrêta au bord de la grande voie rapide rectiligne qui relie Dieppe au Tréport. _ Bien, chère enfant. En route pour la seconde grande étape de notre journée ! Après le littoral, le pays de Caux. Ses chemins creux, ses manoirs, ses "ondulations" comme disait Leblanc. _ Où va-t-on ? _ Ambrumésy bien entendu... C'est à moins de trente kilomètres. On aurait pu passer par Envermeu. Leblanc cite ce village dans l'Aiguille creuse, à dix kilomètres d'ici. Isidore Bautrelet va y faire une enquête. Il y apprend qu'un couple d'américains s'est suicidé dans ce bourg, et que deux cadavres ont été volés par Lupin, puis défigurés, pour qu'il puisse se faire passer pour mort avec Raymonde de Saint-Véran. _ Charmante étape, commenta Paloma. Je vais la regretter. Bergton se retourna : _ Vous me suivez ? Il partit en trombe. En roulant derrière lui, Paloma ne pouvait s'empêcher d'admirer la vitalité du professeur, son énergie communicative. En moto, ils passèrent facilement la périphérie de Dieppe. Paloma eut à peine le temps de lever les yeux vers les ruines mélancoliques du vieux château d'Arques. Ils remontèrent sur Offranville et un kilomètre plus tard, ils entraient dans un petit village appelé "Ambrumesnil". Ils traversèrent le village et s'arrêtèrent au bord d'un champs de colza. En face d'eux, un haut mur de pierre longeait la route. _ Le château est derrière, précisa Bergton. Ce village s'appelle "Ambrumesnil ! Je croyais que Maurice Leblanc parlait d'Ambrumésy dans son roman ? _ Oui... Il s'amusait souvent à brouiller un peu les pistes. Mais il n'y a pas de doute. Ambrumésy, c'est Ambrumesnil. La description correspond... Les ruines du monastère d'Ambrumésy, soit-disant célèbre au Moyen-Âge, ainsi que la crypte du château, n'ont jamais existé... Même s'il y avait un prieuré à Ambrumesnil. Maurice Leblanc indique aussi que par dessus les murs du parc et au-delà du plateau que soutiennent les falaises normandes, on aperçoit entre les villages de Sainte-Marguerite et de Varengeville la ligne bleue de la mer... _ C'est vrai ? _ Pas vraiment. On peut penser que Leblanc se réfère plutôt au Manoir d'Ango, dans la commune voisine. De son manoir, le célèbre armateur dieppois pouvait effectivement surveiller ses bateaux en mer. Pour Ambrumesnil, il faudrait monter au dernier étage du château pour le vérifier. Mais ce château est une propriété privée. Maurice Leblanc parle aussi souvent, du petit village d'Ouville-la-Rivière, juste en contrebas, dans la vallée de la Saâne. C'est notamment d'Ouville que vient la gendarmerie. _ On essaie d'entrer ? Ils cherchèrent à pénétrer dans le château mais le portail était fermé, et le mur trop haut pour être franchi. Finalement, derrière une petite chapelle au bord de la route, ils finirent par découvrir un grillage un peu lâche, par lequel il semblait possible de se faufiler. Paloma passa la première, sans hésiter, facilement. Bergton resta derrière. _ Vous venez ? _ C'est une propriété privée ! _ Et alors , _ Et le grillage ? _ Quel aventurier vous faites ! Un simple grillage ! Et vous allez courir l'aventure au bout du monde. Je voudrais bien vous voir dans les souterrains de Moldavie ! Vexé, Bergton passa à son tour, non sans prendre garde de pas déchirer son pantalon de toile beige clair. Ils se retrouvèrent dans le grand parc d'un château, aux tons roses, assez bien restauré. La pelouse étant fraîchement coupée. Paloma s'assit en tailleur sur l'herbe : _ Parlez-moi du drame d'Ambrumésy. _ Vous savez déjà presque tout. Le roman l'Aiguille creuse commence ici au château d'Ambrumésy, il se poursuit dans le pays de Caux jusqu'à Etretat, et se termine à la ferme de la Neuvillette au-dessus de la valleuse de Parfonval, d'où nous venons. A Ambrumésy, Lupin tente un cambriolage, mais se trouve blessé d'un coup de carabine bien tiré par Raymonde de Saint-Véran, une belle orpheline mélancolique. Lupin se réfugia dans une crypte secrète. La douce Raymonde, qui le découvre, n'a pas le courage de le dénoncer. Elle le soigne en grand secret. Immanquablement, Lupin tombe amoureux de sa tendre infirmière. Mais celle-ci se refuse à lui. Soigné, il la fait enlever, maquille leur double mort à Varengeville, et disparaît... Il laisse cependant traîner derrière lui le cryptogramme de l'aiguille... Paloma poursuivit : _ Isodore Beautrelet le découvre, et cherchera à l'élucider, partout en France, jusqu'à revenir à l'aiguille d'Etretat pour y retrouver Lupin... _ C'est cela chère enfant, avec pléthore de rebondissements en plus... Un autre élément intéressant de l'Aiguille creuse, c'est le périple en vélo d'Isodore Bautrelet. Le vol d'Ambrumésy concerne quatre tableaux de Rubens. Isodore se demande Comment Lupin et ses complices ont pu les escamoter alors que toutes les polices de France sont sur les dents et toutes les routes surveillées. Il parcourt le pays de Caux à vélo. Maurice Leblanc nous indique qu'il file sur la route d'Yerville, vers Caudebec-en-Caux, puis en amont vers le bac de la Mailleraye. Il finit par trouver la solution au hameau de Louvetot, au carrefour de Caudebec-en-Caux et d'Yvetot. Plus précisément dans le cabinet de Maître Vatinel, "un de ces vieux normands finauds qui se tiennent toujours leurs gardes, qui se méfient de l'étranger, mais qui ne savent pas résister à l'attrait d'une pièce d'or et à l'influence de quelques verres". _ Charmante description du cauchois... _ Oui, on en trouve quelques savoureuses dans les aventures d'Arsène Lupin. Donc, ce Maître Vatinel indique à Bautrelet que plus de six fois, il a chargé une péniche des colis mystérieux, non seulement les quatre Rubens, mais également des pierres détachées la plupart des sculptures de la chapelle gothique d'Ambrumésy, remplacées par des copies en plâtre ! Paloma sortit sa carte de son sac et entoura les lieux cités, Bergton sourit : _ Très bien, Bautrelette. Bon réflexe. N'oubliez aucun lieu. C'est sans doute la clé de l'énigme. Dans le silence du grand parc, la sonnerie du téléphone portable de Bergton résonna soudain. Un message ! Il sortit l'appareil non sans une certaine angoisse. Il lut, "deuxième avertissement. Stoppez vos recherches avant qu'il ne soit trop tard. Ou les conséquences seront terribles. Roberto Martinez. La folie..." _ Encore lui ? demanda Paloma inquiète. _ Encore lui ! Il ne faut pas faire attention ! Il ne me semble pas dangereux... Nous aurons la solution de tout ceci avec la clé de l'énigme. Paloma, moins rassurée, admira la détermination du professeur. A ce moment, une porte du château s'ouvrit et un aboiement de chien retentit. Nom de dieu ! fit Bergton. Paloma fut plus rapide et franchit rapidement le grillage pour ressortir du Parc. Bergton la suivit, mais maladroit, il déchira une bonne partie de son pantalon de toile dans le grillage. Derrière la grillage, un minuscule caniche jappait avec hargne. Paloma éclata de rire. _ On va finir par devenir parano... Et vous allez finir en short monsieur le professeur. On continue tout de même ? _ Bien sûr, grogna le professeur un peu vexé. Mais au fond de lui-même, beaucoup d'autres éléments inquiétaient Roland Bergton. Beaucoup plus qu'il ne voulait le montrer à la jeune étudiante : ce mystérieux Roberto Martinez, l'étrange collier d'argent et de cristal de Paloma... et bien sûr l'oeuvre de Maurice Leblanc... _ Où va-t-on maintenant ? s'impatienta Paloma. _ Au château de Gueures, nien entendu ! _ C'est loin ? _ Un kilomètre ! Juste en-dessous, dans la vallée. |
 Le Château d'Ambrumésy |  « Peut-être le mort était-il ici ? »
«Le comte de Gesvres était riche. Moi, je ne le suis pas ! », s'amuse Cornelis Dokter, le propriétaire du château d'Ambrumesnil où, si l'on en croit le premier chapitre de L'Aiguille creuse, se trouvaient quatre belles toiles de Rubens et de magnifiques tapisseries flamandes. « Des tableaux, je n'ai trouvé aucune trace. En revanche, il y a bien ici ce qui semble être des vestiges des tapisseries. Mais ce ne sont que quelques fils… », poursuit le chirurgien-dentiste, qui a acquis cette belle demeure en l'an 2000, après avoir visité… 85 autres châteaux dans l'ouest de la France. « J'ai toujours aimé les grandes maisons, explique-t-il. Elles me rappellent celle que j'ai occupée à Amsterdam, et qui était du XVIIIe siècle. En France, j'ai acheté un château dans le Calvados, mais c'était un peu loin pour me permettre de poursuivre mes occupations professionnelles. C'est différent ici. Plus proche - cinq heures de route - ce qui nous permet d'avoir quelqu'un sur place en permanence… »
Caisse de pierres
Avec ses deux hectares de parc entièrement clos de murs et plantés, où ont été aménagées des pièces d'eau pour les cygnes blancs et noirs, ainsi qu'un enclos à moutons, le site exige en effet des soins constants. « La tempête de décembre 1999 avait déraciné cinq arbres. Nous avons voulu en planter d'autres. En creusant, nous avons dé- couvert une caisse bien lourde. Mais elle était remplie de pierres, probablement les vestiges d'une ancienne arcade. Il ne s'agissait pas du trésor de Cagliostro ! », regrette le châtelain d'Ambrumesnil. Prises au début du siècle dernier, quelques cartes postales anciennes montrent le château tel qu'il se présentait à l'époque de Maurice Leblanc. De style mauresque, il était couvert d'un toit en terrasse crénelé, et de huit tourelles au lieu de quatre aujourd'hui. « La toiture a été modifiée vers les années 1920-1930, pour lui donner cette pente, précise-t-il. Mais dessous, subsiste une partie de l'ancienne toiture plate… » Cette toiture, Cornelis Dokter a eu le temps de l'étudier : avant d'engloutir une fortune dans sa réfection, l'an dernier, il a passé une partie de son temps à installer des seaux et cuvettes pour limiter les dégâts provoqués par les infiltrations !
« Du Roman »
Avant d'acheter la demeure, le Néerlandais ne connaissait des aventures du gentleman-cambrioleur, que les épisodes de la série télévisée française avec Georges Descrières, sous-titrés et diffusés aux Pays-Bas dans les années 1970. « Cela me plaisait beaucoup. Ce feuilleton m'entraînait dans le passé, dans une ambiance tellement différente, romantique », dit ce passionné d'histoire, principalement des XVIIe et XVIIIe siècles. Promu châtelain d'Ambrumesnil, Cornelis Dokter voulut s'imprégner de l'atmosphère des lieux, telle que la ressentit Maurice Leblanc lorsqu'il vint collecter la matière de L'Aiguille creuse. Las, l'édition en français lui restait hermétique. Une bonne traduction fit l'affaire, et lui permit aussi de découvrir d'autres écrits du Normand. « Je me suis aperçu que sa description des lieux n'était pas très fidèle, remarque-t-il. Par exemple, il est fait état d'un salon doté d'un balcon. Il n'y en a pas. Et la terrasse que vous voyez là, à l'arrière, orientée à l'ouest, a été réalisée très longtemps après la disparition de l'écrivain. » Il interrogea aussi les anciens du village, en quête de l'abbaye décrite par le romancier. Il n'en trouva point : bien que digne d'intérêt, l'église d'Ambrumesnil ne saurait prétendre à ce rang… « Tout ça, c'est du Roman ! », s'exclame-t-il avec un large sourire.
La scène du crime
Il n'empêche : même privée de crypte secrète, de chapelle (mais il a trouvé un bout de pierre tombale dans le parc) et de trésor, sa belle demeure comporte un élément déterminant dans tout Roman policier qui se respecte. Le lieu du crime ! « Peut-être le mort était-il ici », dit-il en désignant, dans un salon du rez-de-chaussée, un coin de parquet magnifique récupéré au Palais des Tuileries au lendemain de l'incendie du 23 mai 1871. Evidemment, on cherche la marque du contour du corps à la craie, mais on peut penser que depuis la parution de L'Aiguille creuse en feuilleton dans les Je sais tout de 1909, la femme de ménage a eu le temps de passer. Le mystère demeure donc. La vérité jaillira-t-elle du puits qui a été creusé dans le parc et alimente en eau la gentilhommière ?
Franck Boitelle
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