Ca s'est passé dans notre commune...


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Le garde champêtre

C'est en 1369 que le Roi Charles V a créé le premier garde rural. Il est appelé "Garde aux Ablais" puis "Garde Bannier".  Sa mission était de surveiller les récoltes. Ce garde est l'ancêtre d'une grande lignée de gardes ruraux qui deviendront quelques siècles plus tard "les gardes champêtres".
En 1669, Louis XIV confère à ses gardes un nouveau domaine de surveillance. Celui de la chasse.
En 1791, les lois du 23 septembre et 06 octobre 1791 instaurent véritablement le corps des gardes champêtres. Ils doivent avoir au moins 25 ans, savoir lire et écrire, avoir une bonne condition physique, faire partie des vétérans nationaux ou des anciens militaires. Ils sont choisis par les Maires. Ces gardes champêtres deviennent alors des agents de la force publique par leur inscription au registre de la gendarmerie.
En 1803 : La loi qui instaure le permis du port d'armes et de chasse s'inscrit dans la lutte contre les infractions rurales.
En 1958, la disparition du Code d'instruction criminelle au profit de l'actuel code de procédure pénale va lui faire perdre sa qualité d'officier de police judiciaire.
prénom. C'était en quelque sorte une des personnalités du village, en bon rang après le Maire, le Curé, l'Instituteur et les Conseillers municipaux. Il faut reconnaître que c'était l'homme de l'information "officielle" administrative et communale, celui par qui tout transitait, dans un sens comme dans l'autre. Il était pour ainsi dire le trait d'union entre les édiles et les administrés du village. Parfois, il devait affronter les rouspéteurs inconditionnels, pour des choses mêmes futiles. Il savait tout, connaissait tout le monde. Pendant son travail, qui le faisait s'arrêter aux différents points stratégiques de la Commune, il apportait dans chaque rue et chaque maison, informations, consignes et ordres. Il était coiffé d'un képi qui lui conférait l'autorité communale. A chaque arrêt, il prévenait les gens de son arrivée en agitant énergiquement une clochette à poignée, un tintement qui était parfois troublé par l'aboiement d'un chien.
La fin de la lecture des informations était annoncée par un coup de clochette succinct. Son rôle consistait également à promouvoir les informations, festivités locales et à inviter chaque habitant à s'informer ou participer.
Homme respecté et surtout craint, le garde champêtre représentait l'autorité communale. Il était pendant des siècles le seul et unique employé de la Commune. Sa polyvalence le rendait indispensable au bon fonctionnement matériel de la Commune. Il assurait d'une certaine façon l'ordre et officiait comme représentant de la police communale.
Notre dernier garde champêtre en titre, porteur de plis et employé communal fut Monsieur Jules Noblesse qui cessa son activité au sein de notre Commune en 1990. Ensuite, le poste fut supprimé et M Frédéric Porcq occupe à ce jour la fonction d'employé communal et porteur de plis.

Un cachotin

*Cachotin : Un mot bien dieppois désignant un petit marchand poissonnier ambulant qui s'approvisionne aux bateaux de pêche et va revendre le poisson dans les communes environnantes à l'aide de voitures traînées par des chiens.
Monsieur Emile FERON, né à Saint Pierre le Viger le 4 février 1875 et décédé à Ambrumesnil le 4 mars 1940, à l'âge de soixante cinq ans, habitait la commune depuis 1897.
Il se maria à Offranville le 4 février 1890 avec Mme Antoinette PIQUET, décédée le 13 mai 1914. Ils eurent treize enfants dont quatre décédèrent étant bébés. Il se retrouve veuf à 49 ans avec encore sept enfants au foyer. Il vécut ensuite avec sa belle-soeur, Mme Marie-Louise SUPLIE (1870-1948).
Le père Emile exerça le métier de cachotin* de 1900 à 1932. En alternance,il ramassait la ferraille, les peaux de lapins, les chiffons qu'il achetait et revendait ensuite. Deux fois par semaine, à pied, aidé de ses trois chiens, Médor, Capitaine et Capi, il se rendait à Dieppe pour acheter le poisson au débarquement des bateaux de pêche. Il le revendait ensuite en passant par Janval, le Petit-Appeville, le Cabaret d'Hautôt, les Marettes (Offranville), pour rejoindre ensuite Ambrumesnil. Il alertait ses clients en claironnant d'un coup de trompette.
Les voitures attelées de chiens se multiplièrent surtout entre 1890 et 1918, si bien qu'en date du 7 mars 1912, après plusieurs interventions des Sociétés Protectrices des Animaux, le Préfet prenait un arrêté pour une réglementation concernant le type de construction des voitures à chiens, la hauteur des roues, l'équilibre, la position des brancards, les supports, les freins, la hauteur des chiens qui devait être au moins de soixante centimètres à l'épaule, l'harnachement et l'interdiction formelle de monter dans la voiture. Il faut tout de même penser que tous ces cachotins n'étaient pas des brutes envers leurs animaux, et que comme le Père Emile, beaucoup aimaient leurs chiens, et que les chiens appréciaient leur maître.

Artisans charrons

    
Les "Hédin" sont arrivés à Ambrumesnil en 1919.

De 1919 à 1947, Alfred et Adonis exercèrent à Ambrumesnil le métier de charron.
  • Adonis, Joseph (1880-1954)
  • Alfred, Louis (1881-1950)
  • Léonie Joséphine, Alexandrine , surnommée "nunu " (1885-1966)

Tous trois étaient nés à Ardouval (canton de Bellencombre).

Les deux frères habitaient, avec leur sœur Joséphine. Les Hédin étaient tous trois célibataires. Leur père avait été employé des Ponts et Chaussées et était également chargé de la manœuvre de la vanne de Quiberville sur Mer.


Il se basait sur les phases de la lune pour déterminer son action. Ainsi, il disait souvent "A minuait la leune, à quat heu, basse iau" (A minuit la lune, à quatre heures, basse eau).


C'étaient des gens relativement aisés pour l'époque.

Alfred et Adonis


Ils devinrent "compagnons", en vue de devenir "artisans charrons". Ils firent un long parcours de compagnonnage "le tour de France", s'arrêtèrent pour travailler quelques mois chez tel ou tel artisan.

Puis, ils exercèrent leur métier dans un atelier près de la maison familiale.

Lorsqu'ils achetèrent la maison, chemin du Thil à Ambrumesnil, le 14 mars1922, ils construisirent plusieurs bâtiments dans la cour (en bois bien sûr) et s'occupèrent aussi de l'exploitation, de quelques terres avec vaches et volailles entre autres ainsi que deux chevaux.

L'atelier des frères Hédin était installé dans une vieille chaumière maintes fois restaurée. En mauvais état, elle fut rasée dans le début des années 60.

Ils faisaient tout à la main, de l'abattage au débitage des arbres, jusqu'à la réalisation du produit fini ; les machines, ils ne connaissaient pas, une drôle d'époque ! Ils sciaient les arbres en longueur.

Imaginez un tronc posé sur deux tréteaux à hauteur d'homme. Un scieur était au-dessous, tirant la lame d'un passe-partout et l'autre juché en haut, ramenant la scie vers lui. Il fallait une grande habilité pour arriver à obtenir des planches bien planes.

Pour les besoins de l'atelier, ils avaient du bois pour plus de dix années de travail. Tout ce stock fut en grande partie volé par l'occupant allemand, durant la période de guerre. Ce fut sans doute une des causes de la cessation progressive d'activité de la menuiserie.

Adonis était chantre, et le dimanche à la sortie de la messe, il se rendait chez le Père Prévost, cafetier, pour jouer aux dominos, prendre un petit coup, ou l'été, jouer dehors " au jeu du palet ", un peu l'ancêtre du jeu de boules.

Les Hédin " reposent en paix au milieu du cimetière d'Ambrumesnil. Juste une plaque "Famille Hédin" pour se rappeler ... Une tombe simple et discrète.
Adonis vous salue

Le tortillard

Le 26 août 1902, la Société française des tramways électriques et voies ferrées demande au Conseil Général la concession de deux lignes d'Ouville-la-rivière à Motteville par la vallée de la Saâne et de Gueures à Clères par la vallée de la Vienne. Celui-ci autorise le service vicinal à procéder aux études nécessaires. Ces dernières se déroulent lentement au grand dam des populations locales qui ne souhaitent qu'une chose : "voir le projet aboutir".

Une convention est signée le 19 juin 1909 entre le préfet de Seine-Inférieure, Monsieur Eugène Fossé et Emile Laborie. Au terme de celle-ci, le département concède à Monsieur Laborie l'établissement et l'exploitation des lignes.

Le département procède à l'acquisition des terrains et les remet au concessionnaire qui réalise les études et les travaux sans oublier les ateliers, le matériel roulant, le mobilier des gares, l'outillage, les lignes et appareils téléphoniques...

Après trois années de travaux (1909-1912) la ligne Ouville - Motteville, longue de 32 kilomètres est inaugurée et ouverte le 16 mars 1912.

La ligne Gueures - Clères, longue de 54 kilomètres, est inaugurée le 30 avril 1913.
Au décès de monsieur Laborie en 1914, les lignes sont reprises par le Chemin de Fer de Normandie (CFN).

Avec la première guerre mondiale, la récession économique empêche la ligne de connaître l'essor espéré.

En 1925, suite à un fort déficit des lignes, le CFN vend la concession à la région qui demande à la société économique de la Somme de se charger de l'exploitation. Pour pallier le déficit naissant, les tarifs augmentent mais le tronçon Bacqueville - Clères reste déficitaire et est fermé aux voyageurs en 1936. Il reste en services pour les marchandises.

En 1938, la totalité des lignes ferme (marchandises et voyageurs).

En 1940, suite à la pénurie d'essence due à la seconde guerre mondiale, la Région décide de remettre en activité les deux lignes. A la fin de la guerre, elles poursuivent leur activité mais elles seront définitivement fermées en 1947 et déferrées en 1957.

La gare d'Ouville-la-rivière


La gare principale d'Ouville-la-rivière est le siège du dépôt et des ateliers.
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La gare de Gueures

La gare de Gueures assure la bifurcation vers Motteville ou Clères :

  • Saâne Saint Just, Yerville, et Motteville pour la vallée de la Saâne.
  • Bacqueville, Tôtes, Grugny et Clères pour la vallée de la Vienne.
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Le train peut faire de petites haltes durant son parcours notamment à Ribeuf, Biville la rivière...

Le trajet est de 1h35 pour atteindre Motteville et 1h45 pour Clères si tout va bien

Les gares existent toujours, presque toutes habitées sauf la gare de Gueures aujourd'hui mairie.
La gare de Gueures aujourd'hui mairie.
Les gares existent toujours, presque toutes habitées : Ouville la rivière

Le matériel.


Emile Laborie commande six T130 alimentées au charbon aux ateliers Corpet et Louvet, afin de tracter matériel et marchandises. En 1925, deux nouvelles draisines arrivent pour entretenir les lignes.
Véhicules pour voyageurs Véhicules pour marchandises
8 voitures construites par Carel et Fouché 10 wagons couverts
6 voitures à bogies offrant 48 places : 3 mixtes 1ere et 2ème classe
et 3 de 2ème classe.
15 wagons tombereaux soutenant une barre de faîtage pour bâchage
2 voitures à essieux offrant 18 places de 2ème classe sans chauffage  8 wagons plats à traverse pivotante
2 draisies à essence pour le désherbage des voies 

Le monde rural début 1900

A la veille de la guerre de 1914, plus de la moitié de la population vit à la campagne.
En 1906, Ambrumesnil  comptait un maréchal-ferrant (M. Permentier) et quinze cultivateurs (A. Fécamp, C. Fécamp, Gilles, Langlois, E. Letellier, L. Letellier, Lorphelin, Manneville, Paté, Petit, Raulin; Renault, Veuve Rousselin, Soudé et Terrien)
La ferme Paté
Monsieur Dehoulle
Maire
Ferme Dehoulle


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